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Le CAT (Cancer Au Travail)
Modèle social & cancer : incidences ou non ?
Page projet sur la Plateforme Epidemium

La Page Wiki du projet LE CAT a été éditée et mise à jour par l'équipe Epidemium, en accord avec l'équipe-projet et avec la documentation réalisée par cette dernière.

La cause de l’association le CAT : pourquoi EPIDEMIUM ?

En l'espace de quelques décennies, les progrès dans le dépistage, la prévention et surtout le traitement des cancers ont modifié les conséquences sanitaires et sociales de cette pathologie.

Le cancer reste une maladie de longue durée dont l'issue est souvent fatale, puisque, tous cancers confondus, le taux de guérison n'est encore que de 50 %. Mais le risque de mourir d'un cancer ne cesse de décroître tandis que le nombre de patients survivants et guéris est en augmentation.

Par ailleurs, l’allègement des thérapeutiques modifie le régime des incapacités. Le patient peut désormais connaître au cours de la maladie l'alternance de différents moments, les uns marqués par l'invalidité, les autres par la possession entière ou partielle de ses capacités.

Si le cancer demeure une maladie grave, il est aussi une maladie avec laquelle il est possible de vivre et, à des degrés divers, de poursuivre certaines activités, en particulier professionnelles.

Le "faire avec" le cancer dans le monde du travail met à jour deux enjeux clés pour le patient et pour le citoyen :

  1. Négocier en permanence sa place dans des contextes où l'incertitude liée à la plasticité de la maladie et de la personne
  2. MAIS AUSSI négocier avec les conditions de l'insertion juridique et sociale apporté à des personnes vulnérables dans leurs vies professionnelles.


Pour le CAT : Ces questions ne peuvent être prises en compte uniquement dans les cadres d'aide psychologique ou juridique avec un avocat, mais elles doivent être incluses au cœur du débat démocratique autour du citoyen et de sa vulnérabilité en situation de cancer dans le travail

Pour le CAT : Le "faire avec"  le cancer au travail entraîne des souffrances pour le patient empêché, limité (déclassement, sentiment d’abandon, ...) et des coûts pour tous (invalidité, ...).

Le CAT défend les droits du citoyen vulnérable par cancer dans sa vie professionnelle et faire valoir des conditions de son insertion de son autonomie VS le déclassement coûteux pour lui et pour la collectivité.

La cible prioritaire du CAT : la protection sociale. Les adhérents du CAT : des citoyens (patient ou non) qui veulent défendre une protection sociale soutenante VS déclassement et défaussement sur les assurances privées.

Agir avec EPIDEMIUM : rêvons… de trouver une catégorie "survie et modèle social"

Le CAT s’est rapproché d’EPIDEMIUM pour poser la question : le modèle social du pays, sa vitalité démocratique, son dynamisme social, ses conditions de travail ou son modèle de production a-t-il un impact sur la survie des citoyens avec antécédents cancer ?

Le CAT vise à faire sortir la question du cancer au travail du déclassement pour l’inscrire dans un droit à l’autonomie professionnelle du patient avec des conditions d’insertion de soutiens vs le "palliatif de la fin du travail".

La question : Existe-t-il un lien, une cause, une ou plusieurs corrélations entre les incidences du cancer (tous cancers) sur la survie et le modèle social du pays ? Quel est le modèle et l’environnement social qui supporte le mieux les chances d’un patient après un cancer et les traitements ; Ce qui nous intéresse le plus c’est :

  • l’incidence dans le temps (60 ans)
  • et dans un temps donné, l’augmentation de la durée de vie
  • Si l'épidémiologie recherche les déterminants des maladies et en l'occurrence le cancer, nous, nous recherchons les facteurs favorisant la durée de survie après cancer et en lien avec le travail.


C'est pourquoi, nous nous interrogeons sur ce qui, dans les différents modèles d'encadrement social et professionnel des différents pays, a une action positive ou négative en termes de durée de survie. Autrement dit, est ce qu'il existe des facteurs sociaux qui, en favorisant le maintien dans le travail et les conditions de travail après cancer favorisent, du même coup la durée de survie.

Notre question exclue : une recherche d'agents ou de déterminants causaux qui seraient liés au monde professionnel (risques et expositions divers…) ou au mode de vie personnel (alcool, tabac, drogue, obésité, …). Le travail est ici entendu au sens d’activité et de vie professionnelle incluant tous les types d’activité.

À quoi va nous servir cette recherche ?
Si ces facteurs existent même de façon très ténue, nous pourrons réouvrir le débat sur le travail après cancer. Peut-on actuellement ou dans un futur proche rêver de l’ouverture de la catégorie : "des données travail après cancer" ? Cette recherche devrait nous donner les premières pistes pour y parvenir.

Supposons que la vitalité démocratique et sociale d’un pays (protecteur et stimulant) aurait une incidence positive sur la survie, cela pourrait être un argument de choc pour poser la question :

"Est-ce que l’optimisation de cette vitalité sociale (plus de protection, plus de stimulation notamment dans le travail) ne peut pas elle aussi avoir une incidence forte et concrète sur la survie, les chances/durées de survie après cancer sont-ils augmentés ou diminués ?"

Où en sommes-nous au 5 décembre 2017?


  1. Nous avons défini des métriques à partir de la source ILOT en accès via EPIDEMIUM 
  2. Nous nous sommes rapprochés d’un autre projet orienté sur l’impact des contextes rencontré dans un meetup d'étape
  3. Nous avons posé des étonnements liés à un scope de l’état de l’art
  4. Nous allons tenter de résoudre les blocages rencontrés avec EPIDEMIUM : résolutions des problémes de compétences datasciences, travail en interdiciplinaire;


A ce jour, nous nous interrogeons : Cette question est-elle trop ambitieuse :

  • parce que les outils n’existent pas pour la résoudre ?
  • ou parce que le "bâchage idéologique" a écarté le patient avec antécédents cancer d’une vie professionnelle … ? That is the question ;)

Remarques :

  • Citons le blocage technique sur l’usage de la plateforme qui a freiné les découvertes de contacts et les possibilités d’échanges…
  • Citons aussi des meet up très fertiles en formation, mise en relation : Nous y avons appris une grille de lecture de base des clés de l’épidémiologie et découvert la question des méthodologies en data science : de la créativité à la manipulation nous observons que la construction d’une critique demande un engagement à l’auto formation. Ex : un examen pour les citoyen ?

Citons les contributions de conseil de Tiba Delpierre .

  • Nous avons pu identifier un maillon à inventer entre les data sciences et les "quali socio".
  • Nous sommes candidats à l’invention de ce maillon d’usage qui nous semble essentiel pour une science citoyenne durable et permettre à des professionnels de bonne volonté de venir apporter leurs pierres.

1. Les métriques proposées et mise en commun

A partir de la source ILOT accessible sur la plateforme Epidemium, nous avons mené une analyse de cette source : mode de catégorisation, type de documents, type d’indicateurs, et avons reconstruit des familles d’indicateurs. Nous avons ainsi définit 5 familles possibles de métriques pour décrire le modèle social en lien avec les incidences des cancers (tous les types de cancers) .

Famille des indicateurs du collectif public : vitalité démocratique et incdences des cancers ?

  1. Conventions collectives (collective agreement)
  2. Pourcentage de population avec ou sans couverture sociale
  3. Accessibilité aux soins et aux soignants
  4. Dépenses de santé :
  • Pourcentage de dépenses de soins de santé non financées par les paiements de paiements privés des ménages
  • Dépenses de santé publique en pourcentage des dépenses des administrations publiques

Hypothèse : première évaluation de la capacité protectrice et soutenante d’un pays. Construire des groupes de pays avec ces 4 métriques X incidences

Famille des indicateurs : dynamisme social et incidences des cancers

  1. Niveau de productivité
  2. Niveau de formation et de revenus
  3. Taux de chômage
  4. Taux de pauvreté

Hypothèse : indice de dynamisme économique à confronter en termes d’incidence à celui du dynamisme social.

Famille de type de production dominante / type de travail et incidences  :

  1. très majoritairement agricole / très majoritairement industrielle / très majoritairement tertiaire
  2. La protection sociale des travailleurs
  3. Médecine du travail (travail physique intensif)

Hypothèse : quand on voit que les pays majoritaires tertiaires ont fortement diminué la médecine du travail on peut se demander si à l’avenir cette tendance n’est pas destinée à s’inverser et dans ce cas, quel poids cela a par rapport à l’après cancer et l’indicateur incidence.

Famille des indicateurs qui décrivent les conditions de travail

  1. horaires
  2. économie déclarée ou parallèle
  3. Augmentation des seniors au travail et notamment les 55 – 64 et les 65 et +
  4. travail des enfants
  5. nombre de conflits

Hypothèse : notre but c’est de mettre d’inscrire le cancer dans le compte de pénibilité.

Famille des indicateurs socio-démographiques / travail / inégalités

  1. Disparités homme / femme
  2. Deux tranches d’âge de la population active : 30-55 et 55 et plus à corréler avec l’indicateur
  3. Présence des seniors au travail
  4. Travail des enfants

Hypothèse : Notre but c’est d’essayer de définir les inégalités dans l’après travail en termes de sexe et d’âge et de travailler sur des populations actives ayant potentiellement des antécédents de cancer.

2. Nous nous sommes rapprochés du projet AROUND orienté sur l'impact des contextes sur le cancer

Convenu de construire ensemble le protocole de l’étape état de l’art avec la documentation de ROCHE.
Premières réflexions en commun sur la méthodologie :

  • Comment se servir des données disponibles sur les 60 ans pour identifier des écarts pertinents entre périodes ?
  • Comment traiter ce contexte sans dériver vers des corrélations instables ou fausses ?
  • Enfin, cette question est elle traitable avec les outils de data science ou doit elle être abordée par son découpage en sous question ? Enfin, comment surmonter les risques liés à la qualité de ce type de données par pays ?

3. Nos étonnements

Nous avons mené un premier scope des publications (open édition, google scholar, open science, sources Epidemium) pour commencer à poser des hypothèses.

  • La catégorie de publication "survie et modèle social" n’existe pas dans les bases étudiées. Etat de l’art à élargir avec pubmed et OMS
  • Le sujet est principalement traité sous l’angle des cancers professionnels et environnements ou les recherches comportementales via la cigarettes par exemple.
  • Les questions du travail sont abordées dans le cadre de la psycho oncologie sous l’angle des "traces psychique" ou "la fabrique psychique du cancer" . Ex : publication sur le sentiment de guérison 8 à 10 ans après les traitements sur les populations de moins de 25 ans et projets professionnels.
  • L’angle vécu patient est privilégié.
  • Peu de publications sur le lien avec les conditions d’insertions : en quoi et comment sont elles des supports d’autonomisation de sa vie professionnelle ?

Exemple de publication : Aide à la reprise du travail après cancer : huit années d’expérience d’une consultation pilote G. De Blasi E. BouteyreJ.  Bretteville L. Rolli ; CCPPE, Pavillon Aubette CHU de Rouen. Laboratoire de Psychopathologie Clinique Langage et Subjectivité université Aix-en-Provence First Online: 09 September 2014
Résumé : La consultation pluridisciplinaire d’aide à la reprise du travail après un cancer est une expérience pilote créée en 2006 au CHU de Rouen. Un médecin du travail, une assistante sociale et une psychologue accompagnent les patients dans leur souhait de reprendre une activité professionnelle. L’objectif de cet article est de retracer l’évolution des pratiques de cette équipe à l’épreuve de la réalité clinique et institutionnelle. Des constats et des pistes de réflexion sont dégagés par rapport à l’accompagnement de 264 patients reçus depuis huit ans.

Pour la suite

➤ Poursuivre avec AROUND Nous souhaiterions mener avec AROUND et son service documentation un état de l’art sur trois pays  : France (hybride) vs USA (libéral) vs UK (social).
➤ Obtenir un guidage pour centrer la question sur une famille et définir un protocole d'analyse de ce "contexte"modele de protection sociale. .
➤ Intégrer cette question dans dans la saison 3 centrée sur le comparatif entre X pays "pauvres", modéles sociaux et survie par types de cancer.

Equipe de L'association le CAT : Josiane Versini, consultant, Fabienne Giacobbi, philosophe.

Equipe AROUND de ROCHE: Aurélie Bardet,statisticienne.